Pour ce spectacle, nous nous inspirons du cabaret berlinois des années 30, et en particulier de “l’Eldorado”. Des années 20 jusqu’au début des années 30, l’Eldorado est un cabaret berlinois, petit espace de liberté d’une communauté cachée mais dynamique, où les spectacles burlesques s’enchaînent devant un public composite et admiratif. Mais si le monde paraît plus ouvert entre les murs de l’établissement, dehors, le paysage totalitaire de l’Allemagne nazie s’impose, et, doucement, l’émancipation tant espérée laisse place à la peur.

À cette époque, face à un monde incertain et hostile pour quiconque est différent, le cabaret est à la fois un refuge et un exutoire, le lieu de toutes les expérimentations. C’est cette liberté que nous recherchons, tant dans le propos que dans les expérimentations scéniques qui mêlent les arts et les styles.

L'esthétique des années folles ne constitue pas pour nous un cadre historique rigide, mais plutôt une source d'inspiration. C'est un passé fantasmé qui imprègne l'imaginaire commun du cabaret, tel que présenté dans "L'Ange bleu" de Josef von Sternberg, "Cabaret" de Bob Fosse, ou encore dans les pages de Christopher Isherwood dans “Adieu à Berlin”.

Dans le spectacle se succèdent scènes de théâtre, numéros de cirque ou de danse, chant, sur une bande son mêlant musique d’époque et réinterprétations contemporaines. La bande son tient une place importante dans le spectacle, comme un personnage à part entière impulsant son rythme au spectacle.

L’énergie des années folles face à la menace des extrêmes trouve un écho dans notre monde contemporain confronté lui-même à un avenir incertain, un avenir dans lequel les libertés acquises peuvent être remises en question.

Tortola Valencia

L’autre danseuse aux pieds nus

Théâtre/Danse.

Une recherche-création pour comprendre, par le sensible, le mystère d'une artiste unique du début du XXème siècle.

Maria Patricio Mulero (chercheuse académique), Jérémy Guérard (metteur en scène), Caroline Achouri (comédienne-danseuse) proposent un entretien imaginaire, sous forme de théâtre dansé, pour découvrir une pionnière espagnole oubliée de la danse du début du XXème siècle : Tortola Valencia.

Tout comme Isadora Duncan, elle a révolutionné la danse et ses codes de représentation. Tout comme Isadora Duncan, on l'appelait "la danseuse aux pieds nus".

La censure franquiste l'a plongée dans l'oubli.

Ce spectacle veut réhabiliter sa mémoire, son empreinte dans la danse moderne, sa vie faite de liberté et de refus des normes. Il se présente sous la forme d'un entretien imaginaire entre une journaliste curieuse de connaître la vérité sur une légende, et une danseuse retirée de la scène contrôlant ses lumières et ses ombres. Un jeu de miroirs entre 2 femmes, dans lequel chacune verra son propre reflet se transformer au contact de l'autre, dans une Espagne asphyxiée par la dictature.

Recherche création : Maria Patricio Mulero

Ecriture : Maria Patricio Mulero et Jérémy Guérard

Mise en Scène : Jérémy Guérard

Interprétation : Caroline Achouri et Maria Patricio Mulero 

“Ce qui me touche chez Tortola Valencia, c’est sa manière radicale de faire du corps un espace de liberté et d’invention de soi. Comme metteur en scène et co-auteur, j’ai eu envie de chercher, derrière l’icône et le personnage qu’elle s’est construit, la femme qui choisit d’échapper aux places qu’on voudrait lui assigner. C’est aussi ce qui traverse mon travail : le théâtre comme endroit où les identités peuvent se déplacer, se réinventer, et où le corps peut parfois dire ce que les mots ne savent pas dire.”

Avec : Marius Prouteau, Miel Pagès, Danae Réal, Marion Demoussis, Jérémy Guérard
Écriture et mise en scène : Jérémy Guérard

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Hôtel cabaret